mardi 19 juin 2007

la mendicité au Maroc


Le Maroc compte près de 500.000 mendiants « professionnels » permanents ou occasionnels. Ce sont les résultats d’une étude réalisée par la Ligue marocaine pour la protection de l’enfance, en collaboration avec l’Entraide nationale et le ministère de la Santé en 2005. Même si les résultas ont été contestés, les chiffres de l’enquête demeurent réalistes.


Dans une société qui se dit solidaire, le nombre de ces laissés-pour-compte est plus que significatif. « C’est un chiffre énorme qui reflète un état des lieux encore plus noir que nous ne le pensions » affirme Touria Bouabid, présidente de l’Association marocaine d’Aide aux Enfants en Situation précaire (AMSIP). La pauvreté et l’indigence constituent les causes principales qui poussent cette catégorie de démunis à exercer la « profession » de mendiant, selon les termes de l’enquête.
Pour approcher ce phénomène de mendicité professionnelle, les enquêteurs ont axé leurs recherches sur un échantillon d’enfants dans la wilaya de Rabat-Salé-Skhirat-Témara, pour l’année 2004. Les enfants sont souvent utilisés pour pousser les âmes charitables à mettre la main à la poche. Dans cette « profession », les femmes recourent le plus souvent aux enfants de moins de 7 ans.
Des enfants « exposés » sur un lit de fortune dans les rues commerçantes, des bébés passant le plus clair de leurs journées près des feu rouges, des handicapés exhibés au grand jour. C’est le spectacle désolant que nous admirons chaque jour dans les grandes villes. Dans le cas de ces enfants exploités par des femmes et parfois même par des hommes, seuls 25 % pratiquent la mendicité d’une manière saisonnière. Les 75 % restants exercent tout au long de l’année. 32 % de mendiants « exercent » aux portes des mosquées, 29 % dans les rues, et 16 % dans les souks et les super marchés.
Les sommes récoltées varient entre 50 et 100 dirhams quotidiennement. L’enquête précise que la santé d’un tiers de ces enfants est inquiétante : maladies chroniques, diabète, hypertension, différentes allergies, asthme, tuberculose, anémie, rhumatisme et ulcère. Les conditions dans lesquelles ils sont exploités y sont pour quelque chose. Rester toute la journée dans la rue pour un enfant de moins de 7 ans exposé dans des conditions insupportables aux passants, aux piétons, aux automobilistes... Dans différents lieux n’est pas aussi facile. Les enfants de la mendicité risquent évidemment de prendre goût à cette « profession » et de reproduire le même scénario, d’autant plus que dans la majorité des cas, une relation existe entre les enfants et leurs accompagnateurs, selon l’enquête.
Pour les autres cas, 15 % des sondés ont avoué qu’ils ont « loué » des enfants, à un montant variant entre 50 à 100 dirhams hebdomadairement. L’étude a également montré que 56 % de ces enfants sont des garçons et le reste des filles. Pour les enfants âgés de 8 à 12 ans, le pourcentage des garçons est de 75 %.
La diminution du nombre des filles dans cette catégorie d’âge serait due à l’orientation des filles vers d’autres activités, en l’occurrence l’exercice du métier de bonnes au meilleur des cas, ou de prostituées au pire. L’enquête a révélé que 25 % de ces enfants n’ont jamais été scolarisés, tandis que 9 % ont suivi des cours coraniques. Pour ceux qui ont pu accéder à l’école, le pourcentage est de 25 % pour le niveau primaire et 3 % pour le secondaire. S’agissant de leur niveau de vie, 31 % de ces petits mendiants vivent en famille dans une seule chambre et 28 % dans une baraque. Les plus malheureux d’entre eux (19 %) n’ont pas de toit et vivent dans la rue.
Le Reporter - Mohamed El Hamraoui

Marrakech : enquête sur la prostitution infantile



Ils ont entre 9 et 15 ans et se prostituent. Ce terme choque plus d’un. D’aucuns préfèrent parler « d’exploitation sexuelle à des fins commerciales ». Ces sensibilités n’empêchent pas ces enfants de vendre tous les jours leur corps à 50 dirhams (dh), et ce, afin de subvenir aux besoins de toute une famille.


La pauvreté est un facteur déterminant qui pousse les enfants à s’engouffrer dans le monde de la prostitution. Les résultats d’une enquête, menée à Marrakech auprès des jeunes enfants prostitués, pointent leurs conditions sociales. Ce n’est pas une révélation, mais plutôt une confirmation sur le terrain. L’étude d’ailleurs, selon ses commanditaires, l’Amadec (association marocaine pour le développement communautaire) avec le soutien de l’Unicef, ne s’est pas voulue quantitative, mais plutôt un premier jalon pour briser le tabou à Marrakech. « Il s’agissait pour nous de pénétrer dans ce monde et confirmer des données qui existent depuis belle lurette, mais jamais dénoncées », tient à souligner Mustapha Berre, président de l’association.
Pauvreté, éclatement de la cellule familiale, maltraitance au sein de la famille, démission de l’école, absence de repères éducatifs sexuels et également le travail précoce...Tous ces facteurs ont fait des enfants des objets sexuels aujourd’hui. A cela s’ajoute ce « consentement » de la société, qui ferme les yeux sur les abus sexuels sur les enfants. Il aura fallu du temps et du doigté pour faire parler cette centaine d’enfants en leur garantissant l’anonymat sur leur identité, mais aussi sur leurs quartiers. Les entretiens s’achevaient souvent par les sanglots de ces enfants, sanglots traduisant tout leur désarroi.
De 50 à 2 000 dh pour une passe
Ceux qui ont parlé aux enquêteurs ne sont pas représentatifs de l’étendue du phénomène à Marrakech, que personne ne peut évaluer et où l’exploitation sexuelle des enfants est aussi liée à leur placement précoce chez les maâlems pour apprendre un métier. Ceux qui ont osé parler n’appartiennent pas à cette catégorie et ne font pas partie de réseaux qui, vraisemblablement, existent dans la cité ocre.
Ce sont uniquement « des indépendants », mais souvent entraînés par des pairs. Arrachés à leur innocence très tôt, alors qu’ils devraient être à l’école ou du moins profiter de leur enfance, ces victimes se vendent à 50 dh la passe (4,5 euros), parfois, les plus chanceux peuvent “gagner” beaucoup plus par nuit, du moins les garçons. Certains clients, principalement de vieux touristes, avides de chair fraîche, payent jusqu’à 2 000 DH la passe (182 euros). Mais le plus souvent, c’est à bas prix que ces enfants se vendent. La montée en puissance du tourisme dans la ville, avec des endroits fermés, a élargi le fléau, bien que ce ne soit pas la grande cause de cette prostitution.
Aucun réseau détecté
Le tourisme qui rime avec sexe n’est pas nouveau. C’est même à la limite d’une certaine logique : toute destination à vocation touristique connaît une recrudescence de la prostitution. Il n’y aurait pas de quoi « en faire un plat », diraient certains. Mais pas lorsqu’il s’agit d’enfants. C’est pourtant dès le début des années 90, que l’Organisation mondiale du tourisme a attiré l’attention sur ce phénomène. Elle a créé un plan d’action pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle dans le tourisme et pour dépister les cas.
Il est vrai que Marrakech n’est pas la Thaïlande. Et jusqu’à maintenant, aucun réseau n’y a été détecté. Encore faut-il que les langues se délient et que les familles prennent conscience et en parlent. Or, le sujet est tabou, même lorsqu’il s’agit d’agressions sexuelles. Pourtant, c’est un des facteurs déterminants d’après l’échantillonnage étudié. Une bonne partie de ces enfants s’est adonnée à la prostitution après avoir été violée et parfois par un des parents (...).
Côté protection, plus de 50% des enfants n’exigent pas de préservatif bien que 70% au moins de l’échantillonnage connaissent les risques de contamination par les MST (maladies sexuellement transmissibles) comme le sida. Pis encore, parmi ceux qui se protègent, plus de 23%, se disent prêts à oublier la protection si le client l’exige.
Badra BERRISSOULE

L'economie marocaine en bonne santé


L’économie marocaine évolue sur un rythme de croissance relativement stable. Elle a enregistré durant les dix dernières années un taux de croissance moyen de 3%. En effet, en 2001 et dans un contexte de contre performance du secteur agricole, de morosité de la conjoncture internationale, l’économie marocaine a enregistré un taux de croissance estimé à 6.5 pour cent contre 1 pour cent en 2000, 3.2% en 2002 et 5.5% en 2003. Les équilibres financiers sont progressivement restaurés. De 12% du produit intérieur brut (PIB) en 1982, le déficit budgétaire a été ramené à 2,7 en 2001 et à 3.5% en 2003. L’inflation est maîtrisée : de 6,1% en 1995, la hausse des prix a été ramenée sous la barre des 3%. En 2000, elle a été contenue à 2,5%, à 1.4% en 2001, à 2.1% en 2002 et à 1.2 en 2003. La reprise de l’investissement est également très nette dans le bilan de l’année 2003. Cette reprise a connu une hausse de 8% par rapport à 2002. Le lancement de grands travaux dans le secteur du bâtiment et travaux publics explique largement cette embellie des investissements. Autre signe de consolidation macroéconomique, le niveau de l’épargne nationale qui se situe aux environs de 26% du PIB, grâce essentiellement à la progression des transferts des marocains résidents à l’étranger (4.7%), au maintien à un niveau élevé des placements des avoirs extérieurs à l’étranger et à la baisse des charges et intérêts de la dette extérieure publique. Ainsi l’économie marocaine dispose d’un cadre macroéconomique sain susceptible de constituer un levier efficace pour la réalisation des objectifs de croissance durable, de résorption de chômage et de réduction de la pauvreté. MinesLe Maroc dispose d’importantes ressources minières : il est le 3e producteur et le 1er exportateur mondial de phosphates (environ 20 millions de t.). La part du secteur minier (hors transformation) dans le PIB représente en moyenne 2,98 % (elle varie entre 2,7 % et 3,8 %) et contribue pour environ 1/3 de la valeur des exportations. Les investissements miniers atteignent en moyenne 2,4 % des investissements nationaux. Les principaux produits miniers qui sont actuellement en cours d'exploitation au Maroc sont : les phosphates, le charbon, le plomb, l'argent, l'or, le zinc, le cuivre, le cobalt, le manganèse, l'antimoine, le fer, la barytine, la fluorine, le sel, le gypse, les argiles smectiques, la pyrophilite, le ghassoul, le feldspath et mica, la bentonite, la calcite et le talc. Les entreprises minières opérant au Maroc ont toujours su s'adapter aux nouvelles méthodes et techniques minières. Elles ont su également valoriser leurs produits miniers. C'est ainsi qu'en 2000, le Groupe Office Chérifien des Phosphates (G.OCP) a traité dans ses installations industrielles plus de 50 % de sa production de phosphates. Le chiffre d'affaires du secteur minier en 2000 est de 19,2 milliards de dirhams (MAD) y compris les ventes de phosphates intra- Groupe OCP, soit 1,8 milliards de USD. Les investissements ont atteint près de 1,9 milliards de dirhams soit 175,3 millions de USD. L'effectif global employé par le secteur minier est actuellement de 38 155 personnes et plus d'un million de personnes vivant indirectement de ce secteur. Industrie Le secteur industriel représente près de 28% du PIB. Longtemps dominé par les industries agro-alimentaires, du textile et du cuir, le secteur industriel s’est diversifié rapidement grâce à l’essor des secteurs de la chimie et parachimie, du papier et des cartons, des équipements automobiles et de montage de véhicules, les services aux entreprises, l’informatique, l’électronique et l’industrie aéronautique. Le Maroc est devenu une grande destination de haute technologie et attire des investisseurs dans des secteurs de pointe. Agriculture L’agriculture s’était vue assigner une place prioritaire dans le modèle de développement retenu au lendemain de l’indépendance. Ce secteur a bénéficié d’investissements massifs pour la construction de barrages et l’équipement de grands périmètres irrigués. La production agricole marocaine occupe encore près de 50% de la population active, mais sa part dans le PNB continue à diminuer, elle représente actuellement 17% du PIB. Les principales productions agricoles sont les céréales (le blé, l’orge, le maïs), les légumineuses (fèves, pois, lentilles, haricots), les cultures maraîchères, les agrumes et les plantes sucrières. L’arboriculture fruitière et les oliviers fournissent un complément non négligeable. Pêches Les ressources halieutiques, contribuent de manière significative à la richesse nationale et à l’équilibre de la balance commerciale. La production halieutique s’est élevée à 960087 tonnes en 2002 correspondant à une valeur de presque 6 milliards de dirhams. La pêche côtière reste dominante dans la production et représente 82% en poids, alors que la pêche hauturière et les autres activités littorales représentent, respectivement, 16,5% et 1,5%. Le secteur des pêches maritimes occupe donc une place privilégiée dans l’économie nationale, le secteur emploie directement ou indirectement plus de 400 000 personnes, les exportations des produits de la mer ont réalisé un chiffre d’affaires à l’export moyen au cours de ces six dernières années de l’ordre de 7 milliards de dirhams, participant pour plus de 50% aux exportations agro-alimentaires du pays. La consommation locale par habitant est de 7 kg actuellement. Les autorités publiques envisagent ramener cette consommation à 12 Kg en 2004; et ceci à l’aide de mesures améliorant la qualité, la disponibilité du poisson ainsi que l’efficacité des circuits de distribution sur l’ensemble du territoire national. Le secteur des pêches maritimes compte plus de 104.422 marins pêcheurs embarqués sur 450 navires de pêche hauturière, 2.534 unités de pêche côtière et 11.564 barques de la pêche artisanale. Dans un marché mondial caractérisé par une croissance continue de la demande en produits de mer et face aux exigences de consommateurs à la recherche de produits de qualité répondant aux nouvelles habitudes de consommation, l’industrie de valorisation des ressources halieutiques apparaît aujourd’hui comme une composante d’avenir de la filière pêche. Motivé par sa vocation de grand pays exportateur de poisson et à l’écoute des exigences du marché, le Maroc s’est doté d’une infrastructure de valorisation moderne et a mis en œuvre une politique de développement de la filière basée sur la compétitivité. Riche par la diversité des segments qui le compose, le secteur de la transformation regroupe les activités de la congélation, de la conserve, du conditionnement du poisson frais, de la semi-conserve, du traitement des algues marines, de la fabrication de farine et huile de poisson, de conditionnement de coquillages, de décorticage de crevettes et de séchage et fumage. Ouverte sur le monde et principalement orientée vers les marchés de l’U.E et du Japon, l’industrie de valorisation des produits assure 50% des exportations agroalimentaires et 12% des exportations totales du Maroc. L’accord de libre échange entre le Maroc et les Etats Unis offre de nouvelles perspectives d’exportation sur le marché américain et de nouvelles opportunités d’investissement dans ce secteur d’activité. Import/export Les importations constituent presque le double des exportations. L’essentiel de ces dernières concerne les produits manufacturés, les ressources minières et les produits agricoles. Les exportations ont connu en 2003 une baisse de 3.6% et demeurent concentrées sur des produits sur lesquelles s’exercent de fortes pressions concurrentielles (articles de bonneterie, vêtements confectionnés). En revanche les exportations de phosphates et dérivés demeurent stables. Leur part dans le total s’établit à 15% en 2003 contre 14.8% en 2002. Les importations portent essentiellement sur les produits énergétiques, les biens d’équipement et les biens de consommation. Au terme de l’année 2003, les importations ont connu une hausse de 4%. Cette progression est imputable à la plupart des groupes de produits à l’importation dont en particulier les biens d’équipement et les biens de consommation. En revanche les acquisitions de produits alimentaires se sont inscrites en baisse suite au repli des approvisionnements en céréales et plus précisément le blé et l’orge ainsi que des acquisitions en sucre. TransportsLes transports représentent un secteur assez développé. Le Maroc disposant d’un réseau routier de 59 474 km et d’un réseau ferroviaire de 1 893 km. Les principaux aéroports sont Casablanca, Rabat, Fès, Agadir, Marrakech , Tanger et Laayoune. Les principaux ports sont Casablanca, Mohammedia, Tanger, Dakhla et Nador. Tourisme Le tourisme est l’un des secteurs prometteurs de l’économie marocaine. Il contribue à hauteur de 7,8% du PIB. Le Maroc s’est fixé l’objectif d’attirer 10 millions de visiteurs à l’horizon 2010. En 2000, le tourisme a connu une hausse de près de 11% des arrivés et de 12% des recettes. En 2003, les recettes touristiques se sont maintenues à environ trois milliards de dollars, au même niveau que l’année 2002, malgré un contexte très défavorable. Ceci témoigne de la confiance dans la destination Maroc. Recettes des Marocains Résidents à l’Etranger La communauté marocaine à l’étranger, forte de presque un million de résidents, contribue par ses projets d’investissement et par ses transferts en devises à l’effort du développement du Maroc. Au terme de l’année 2003, les transferts des Marocains résidents à l’étranger ont atteint 3.4 milliards de dollars contre 3.1 milliards de dollars en 2002, soit un accroissement de 7.4%. Avoirs extérieurs Au terme de l’année 2003, les avoirs extérieurs nets de l’Institut d’émission se sont chiffrés à 122.199,1 MDH contre 104.490 MDH à fin décembre 2002. Ces avoirs représentent au terme de l’année 2003, près de 13 mois d’importation de marchandises contre 11.4 mois en 2002.

Sahara marocain:pourquoi le Polisario et Alger entravent les négociations?


Au lendemain de l’adoption de la résolution 1754 au Conseil de sécurité, les réactions des parties ont été assez diverses. Le Royaume du Maroc d’une part et le Polisario et Alger de l’autre ont manifesté leur satisfaction en évoquant les termes de la dite résolution que chaque partie estime aller dans le sens de ce qu’elle préconise.Quels sont ces termes ? Et que préconise chacun des protagonistes ? Ce sont les réponses à ces deux questions qui donnent en réalité une idée sur la recevabilité ou non des arguments des uns et des autres.
Les deux bornes qui délimitent l’imbroglio du Sahara occidental sont d’un côté l’intégration de cette région au Royaume du Maroc et de l’autre la création de toute pièce d’un Etat indépendant. Parler de création de toute pièce est une simple constatation de fait historique. Effectivement aucune entité étatique n’a jamais existé en tant que tel dans cette région du Sahara occidental, ni même aucune administration locale qui gouvernerait cette région.
La seule et unique autorité que connaissaient les tribus nomades était celle des chioukhs dont la légitimité émanait de la seule et unique allégeance qu’ils reconnaissaient aux sultans du Maroc.
Ces deux bornes de l’intégration au Maroc et de la création de toute pièce d’un Etat indépendant étaient les deux options contradictoires opposées voir même ennemies et irréconciliables, qui ont durant les 32 dernières années se sont confrontés sur le front diplomatique internationale et uniquement sur ce front là.
Sur le terrain concret l’évolution était plutôt dynamique et contrastait avec cette guerre des tranchés que les deux camps de l’intégration au Royaume du Maroc et de la création d’un Etat Sahraoui se livraient.
Dans le pays réel, en l’occurrence le Sahara occidental les évolution et les réalisations d’un camps différent beaucoup de ceux de l’autre.
Le Maroc a suivi en cela une ligne plutôt rectiligne, réglant la procédure de décolonisation avec l’ancienne administration coloniale et clôturant définitivement ce volet par la récupération de Seguia Lhamra et Rio d’oro, entamant avant un grand effort de moyens la mise en valeur de ces régions pour rattraper le retard que cette décolonisation tardive a crée entre le Sahara et les autres régions du Maroc.Le Maroc a par ailleurs maintenu une attitude ferme quand à la légitimité de sa récupération du Sahara, tout en faisant face à la confrontation militaire que le camp adverse lui imposait.
Du côté des tenant de la thèse du peuple sahraoui et de l’indépendance du Sahara occidental, à savoir le Polisario la situation a connu trois phases qui constituent les unes par rapport aux autres des ruptures ou plutôt des revirement de situation.
Sans revenir à la période qui précède 1973 (pour ceux que cela intéresse voir la rubrique historique du portail : http://www.sahara-online.net/), La création du Polisario a été le résultat du parcours sinueux et accidenté des fondateurs.
La première phase était celle du lancement laborieux d’actes de guérilla au moment où se nouait l’acte final qui devait conduire au départ d’un colonisateur qui a trop tardé à s’en aller et surtout qu’on a trop tardé à faire partir. C’est du moins ce que pense les jeunes activistes qui fonderont le Polisario. Pendant ce laps de temps qui sépare avril 73 et début 75 il n’est question ni d’indépendance, ni de République arabe Sahraoui démocratique, RASD.Les complications que connaîtra ce dossier pendant l’année 75 et en particulier l’intrusion de la Libye et l’Algérie dans ce dossier donneront lieu au premier revirement de situation et le début de la deuxième phase, relativement courte de l’évolution de cette organisation politico-militaire.
Le Polisario ajoutera à son slogan de la décolonisation du Sahara occidental le refus de l’attachement au Maroc. Et l’idée de la réduction de la procédure d’autodétermination à la seule indépendance.
Le climat était cependant chargé de sous-entendus, de non dit et d’ambiguïté.Mustapha Sayyed El Ouali le leader et l’âme du Front Polisario a bien traduit ce climat, quand quelques mois avant son assassinat suspect, il disait l’autodétermination des Sahraouis doit d’abord être envisagée, par rapport aux galonnés d’Alger.
La disparition de cet homme et l’arrivée en 1976 de Mohamed Abdelaziz à la tête du Polisario constituera le deuxième revirement et le passage à l’étape qui est en cours aujourd’hui.
On s’installera désormais dans le processus de la réécriture de l’histoire et de l’invention iconographique dans le seul sens de la mise en valeur de l’option de l’indépendance portée par le phantasme d’une sorte de déterminisme historique. Le Polisario plongera totalement dans le processus de tension que nourrissait la guerre froide au niveau régional, en s’appuyant en cela sur le camp soviétique dont ces deux nouveaux soutiens, algérien et libyen sont deux membres éminents en Afrique.Cette ultime rupture figera la structure, mais aussi les comportements de la direction du Polisario qui devient imperméable à tous les bouleversements que connaîtra le monde et la région, aux changements, somme toute naturelles, que subira la population que cette même direction a mené en 1975 dans les camps de Tindouf.Sorti du contrôle idéologique, sécuritaire et de l’aide alimentaire, la perspective de la direction du Polisario que dirige Mohamed Abdelaziz depuis plus de 30 ans se limite à un rejet explicite ou par manœuvres interposées de toutes les perspectives de règlement de ce dossier. En cela c’est l’enlisement progressif, dans un tête à tête de plus en plus étouffant et dans une promiscuité croissante avec Alger, et surtout avec ceux qui en Algérie ont autorité pour décider en matière de politique régionale et extérieure.Comprendre cette évolution et l’histoire du dossier est nécessaire pour comprendre toute la difficulté de voire se débloquer la situation et surtout pour voir le Polisario quitter cette position retranchée de l’indépendance ou rien. Toutes les entraves et tous les propos qui qualifie d’improbable les résultats des négociations encore à l’état de projet, ainsi que les effets de manche sur la non crédibilité de la proposition marocaine et sur sa non sincérité….tout va dans le sens de la résistance qu’oppose le Polisario, mais aussi Alger à la perspective ouverte par la résolution 1754 pour négocier.
En vu de tout ce qui précède il faut se rappeler que le discours actuel du Polisario sur l’ « autodétermination-indépendance », sur le « colonialisme marocain », sur le monopole autoproclamé par le Polisario de la parole du peuple du Sahara occidental, ce qui ne correspond pas du tout à la réalité (plus des 2/3 des Sahraouis vivent chez eux et sont favorable à l’intégrité de leur pays le Maroc), tous les blocages en fait se sont construit sur la période de trois décennies qui nous séparent de 1975.
Aujourd’hui le Royaume du Maroc qui a fait quand même un long chemin avant d’en arriver à la solution quasi miraculeuse pour neutraliser le tiraillement et l’antinomie entre les deux concepts d’intégration pure et simple et d’indépendance pure et simple, en proposant un plan d’autonomie, a fait le maximum de chemin. Le Polisario qui a fait tous les revirements précités peut-il quitter cette position jusqu’au-boutiste du tout ou rien pour contribuer au déblocage de la situation du dossier du Sahara occidental ?Tout l’enjeu de la période actuelle est là.